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Ecotaxe : Ecologie politique ou écologie pathétique ?

« Nous avons déjà trop attendu. Nous ne pouvons plus attendre. » C’est en ces termes que le parti EELV somme le gouvernement de mettre en place l’écotaxe qui va frapper les transports routiers, dans le but louable de décourager les norias de camions au profit des chemins de fer et autres moyens vertueux d’acheminer les marchandises. Selon le parti écologiste, il faut rester sourd aux plaintes des agriculteurs qui vont prendre de plein fouet cette fameuse écotaxe, puisqu’ils n’ont aucune alternative possible à l’utilisation des transports routiers. Comme ils le font justement remarquer, aucun train ne dessert leurs fermes, aucune péniche ne vient chercher le lait ou le bétail au pied des étables.

Le propos de l’écotaxe serait de décourager une excessive consommation de carbone attachée à chaque bien consommé. Fort bien. Sauf que la taxe sera proportionnelle au nombre de portiques sous lesquels passeront les camions, et non pas aux distances parcourues réellement par les marchandises. Le poulet congelé venant du Brésil par avion sera moins lourdement pénalisé que les poulets de ferme élevés localement. Quelle est la logique écologique de cette mesure ?

Les paysans français sont en train de mourir, et il semble que l’on s’ingénie à inventer le coup de grâce qui mettra fin à leur longue agonie. Il est déjà assez rageant de constater à quel point les rayons des supermarchés sont envahis de fruits et légumes qui poussent à l’autre bout du monde, et de productions animales qui ont parcouru des milliers de kilomètres avant de finir dans nos assiettes. Lorsque l’agriculture et l’élevage français auront disparu, ceux qui font profession d’écologie pourront se réjouir. Les camions et les tracteurs des paysans cesseront de polluer l’air. Mais comme il faudra bien manger, il sera préférable de ne pas songer au carburant brûlé pour acheminer notre nourriture depuis les antipodes.

Une des bases de l’écologie est de produire localement ce que l’on consomme. Tout spécialement la nourriture. Cela vaut pour toute la planète. La mondialisation ne tue pas seulement les paysans français. Elle détruit également l’agriculture vivrière africaine, remplacée par des monocultures (café, coton, cacao) C’est à cette absurdité, voulant que chaque pays fasse ce qu’il sait faire au coût le plus bas (et ensuite on transporte tout, avec de grandes norias de bateaux et d’avions), que les écologistes devraient s’opposer. Ils préfèrent achever les paysans français.

Il y a une douzaine d’années, SF Mag avait demandé à quelques auteurs de SF, Aldiss, Andrevon, Eschbach, Evangelisti, Goonan, Matheson, Priest, Willis et moi-même, ce que chacun avait retenu de l’année écoulée. Avec consigne d’essayer d’éviter de parler de l’attentat du World Trade Center, puisque le risque était grand que tout le monde évoque la même chose. Contrairement à certains de mes petits camarades (que je ne dénoncerai pas), j’avais joué le jeu, en choisissant la mort de René Dumont. Aujourd’hui je me dis que je ne renie pas une seule ligne de ce texte :

« Je me souviens avoir découvert ce drôle de personnage au moment des élections présidentielles de 1974. Dumont était un précurseur et un visionnaire, qui à mon avis avait non pas 25 ans d'avance, mais plutôt un bon demi-siècle, car ce qu'il préconisait depuis la tribune que les présidentielles lui avaient offerte, nous serons contraints de l'appliquer dans l'urgence d'ici deux ou trois décennies, faute de quoi l'espèce humaine pourrait bien disparaître.
Une vingtaine d'années après avoir pris connaissance des idées de Dumont, j'ai assisté avec d'autres hurluberlus à un congrès, où l'on affirmait que la Terre est un être vivant. Ce que René Dumont a apporté au monde occidental, c'est l’idée que la Terre est vivante, qu’elle est notre mère, et que nous lui devons respect et amour. Cette année,  René Dumont est mort, dernier héraut d’une sagesse millénaire, fils aimant et digne d’une Terre martyrisée.
Désormais il n’y a plus aucune voix pour nous faire honte en parlant de notre comportement d’enfants indignes, seulement quelques guignols pathétiques qui font de la politique à la petite semaine. »

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J
Monsieur Chaumette,<br /> <br /> Cette mesure devait certainement être bancale, je vous l'accorde. Mais doit-on ne rien faire et continuer dans le laisser-aller ambiant ?<br /> <br /> Doit-on continuer de laisser les camions sillonner la France sans payer aucune taxe carbone quand ils polluent notre air et nos routes ?<br /> Doit-on être le boulevard low-cost entre le nord et le sud de l'Europe ?<br /> <br /> Au delà de l'aspect écologique, qu'a démontré le gouvernement ? Que si on manifeste, que si on casse, que si on détruit les biens publics, non seulement nous ne sommes pas puni, mais encore en plus<br /> on obtient des crédits et des budgets ? Et qui paie ? Vous, moi, nous, nos enfants, nos petits enfants. Où cela s’arrêtera t'il ?<br /> On creuse nos tombes et on doit encore payer la pelle, la terre...<br /> <br /> Si les (gros) bonnets rouges s'étaient contenté de manifester, soit, pourquoi pas. Mais détruire des portiques de plusieurs millions d'Euros, où allons-nous !<br /> <br /> Non, je suis désolé, je suis pourtant bretons de coeur, mais là faut arrêter de prendre les contribuable pour des vaches à lait.<br /> Où alors, allons-y faisons la révolution mais la vraie cette fois, faisons couler le sang, puisqu'il n'y a plus que la violence qui permet d'avoir gain de cause !
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