Un endroit où faire connaissance avec mes romans
Le 1er juillet 1766, à Abbeville, François-Jean Lefebvre de La Barre eut les os des jambes brisés avant d’être décapité. Puis on brûla son corps avec un exemplaire du Dictionnaire Philosophique de Voltaire cloué sur le torse. Il avait été conduit à l’échafaud en chemise, la corde au cou, affublé d’une pancarte mentionnant : « impie, blasphémateur et sacrilège exécrable ». Les crimes dont il avait été reconnu coupable étaient : « avoir passé à vingt-cinq pas d’une procession sans ôter son chapeau qu’il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux, d’avoir chanté une chanson impie, d’avoir rendu le respect à des livres infâmes. »
Le 7 janvier 2015, à Paris, Stéphane Charbonnier, Jean Cabut, Georges Wolinski, Bernard Verlhac et Philippe Honoré furent criblés de balles en compagnie de sept autres personnes. On laissa leurs corps au milieu d’une mare de sang mêlé à leurs caricatures « impies, blasphématrices et sacrilèges ». Les crimes dont ils avaient été reconnus coupables étaient : « avoir passé leur temps à rire des religions au lieu de leur montrer tout le respect qui leur est dû, ne s’être agenouillés devant aucun dieu, avoir proféré des propos impies à longueur de colonnes, s’être moqué des prophètes ».
250 ans, les Lumières, la Révolution française, les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat, les avancées de la Science. Mais le cœur des hommes peut toujours contenir autant de haine, leur esprit autant de folie, leur âme autant d’obscurité.