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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:27

La question est un tantinet provocatrice, mais depuis que François Fillon, chevalier ultra-catho-ultra-libéral à la triste figure, semble porté par un tsunami d’électeurs de droite décidés à changer de paradigme, cette question se pose.

Qui de Marine Le Pen et de François Fillon est le plus à (l’extrême) droite ? Sur les questions « mœurs et société », Marine est incontestablement plus « gay-friendly » que le cul-bénit sarthois, qui vota en 1982 pour que l’homosexualité demeure un délit. Si au FN il y a incontestablement une tripotée de barons qui, eux, verraient bien l’homosexualité qualifiée comme un crime, Marine Le Pen est entourée d’une garde rapprochée (vilipendée par les fidèles du patriarche fondateur Jean-Marie) d’homosexuels qui ne sont probablement pas sur la même longueur d’onde que le très catholique (comme dans l’expression : « la très catholique Inquisition ») François Fillon. Marine Le Pen elle-même ne peut certainement pas être qualifiée d’homophobe. François Fillon, eu égard à ses choix du passé, si.

Dire que « le droit à l’avortement n’est pas un droit fondamental des femmes », je n’ai pas souvenir que Mme Le Pen ait osé. François Fillon, soutien fidèle de la mouvance rétrograde issue de  « la manif pour tous », si.

Passons à l’économie. Le programme du FN est social-national (je ne veux pas être méchant en parlant de national-socialisme). Celui de François Fillon a la subtilité d’une tronçonneuse fabriquée en Grande-Bretagne dans les années 80. Plus de recrutements de fonctionnaires, plus du tout, pendant 5 ans (il faut ça pour en avoir 500 000 de moins). Si on garde à l’esprit que les policiers, les juges, les militaires, les gardiens de prison, et les personnes chargées de toutes sortes de tâches répressives destinées à protéger les citoyens (douaniers, agents des fraudes, vétérinaires inspecteurs) sont des fonctionnaires, on se demande comment l’auteur d’un tel programme peut prétendre apporter plus de sécurité à son pays. Les fonctionnaires vieillissants restés en place bosseront 39 h payées 37, en attendant sans doute d’être fusillés en place publique lorsque l’opinion des Français travaillée par des années de « fonctionnaires bashing » sera mûre. (Petite précision : je ne suis pas fonctionnaire)

Les salariés du privé, eux, passeront à, éventuellement (en fonction des accords trouvés avec les employeurs) à 48 h par semaine (limite légale européenne) ; jusqu’à 65 ans (pour le moment). Inutile de commenter. Pour qu’il reste des jobs à une jeunesse qui souffre déjà d’un chômage à 25%, il faudra une intervention divine. François Fillon croit en Dieu, moi pas.

Pour faire bonne mesure, la TVA montera de deux points, l’ISF disparaitra, les impôts directs baisseront, les allocations familiales ne seront plus plafonnées en fonction des revenus. Ce sera une meilleure répartition des richesses (pour les riches s’entend).

Le délire fillonesque est tellement outrancier que même les économistes patentés des chaînes d’info (pourtant pas des parangons de gauchisme) commencent à rouler des yeux d’un air interloqué.

Il parait que le vainqueur des primaires de la droite affrontera Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, c’est du moins ce qu’annoncent tous les analystes politiques (mais ils se sont tellement planté ces derniers temps que l’espoir d’éviter ce scénario n’est pas mort). François Fillon semble être quasi certain de représenter sa famille politique, celle de la droite (au sens de droite en Espagne dans les années 30) et du centre (non, là je déconne). Donc Fillon-Le Pen.

En ce qui me concerne, j’irai mettre un bulletin blanc dans l’urne s’il fait beau, je resterai chez moi s’il pleut (une première en 37 ans). Quant à ceux qui décideront de choisir, ils pourraient bien réserver des surprises (encore) aux analystes et commentateurs professionnels. Parce qu’à force de dire que pour « redresser » la France, il faut commencer par foutre la tête dans le seau à 90% des gens qui la composent, on s’expose à des surprises.

Une chose est sûre, la France dans laquelle j’ai grandi, celle qui héritait ses valeurs du Conseil National de la Résistance, celle de la laïcité et de la méritocratie républicaine, cette France-là est morte. Sa tombe est déjà creusée, et il fallait bien un sinistre croisement de Margaret Thatcher et de Lech Kaczynski, avec la raideur compassée et la triste figure d’un employé de pompes funèbres, pour la mettre en terre.

 

 

 

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